PMA : comment traverser l'épreuve du test négatif ?
- mylène BASTIDE LOPEZ

- il y a 3 heures
- 3 min de lecture

Après une insémination ou un transfert d'embryon, la période d'attente commence. La fameuse période remplie de peur, d'espoir, de doutes... Et malheureusement, lorsque le test est négatif, les émotions qui nous traversent sont très intenses.
Beaucoup de femmes et de couples parlent d’un véritable deuil temporaire, celui d’un projet qui ne se concrétise pas encore.
Sachez que durant votre aventure PMA, toutes vos émotions sont normales et légitimes, il n’existe pas de bonne ou de mauvaise manière de vivre un échec.
Accueillir les émotions sans les juger
Après un échec, plusieurs émotions peuvent apparaître : tristesse, colère, injustice, jalousie face aux grossesses autour de vous, culpabilité (« mon corps ne fonctionne pas »), fatigue morale...
Autorisez-vous, après un résultat négatif, à vous poser durant quelques jours pour ressentir et exprimer les émotions qui vous traversent. Pleurer, écrire, parler ou prendre du recul sont des façons saines de les laisser circuler.
Éviter la culpabilité
Beaucoup de patientes pensent immédiatement :
« J’aurais dû faire plus attention »
« C’est mon stress qui a tout gâché »
« Mon corps est défectueux »
En réalité, la grande majorité des échecs en PMA ne dépendent pas du comportement de la patiente. Les facteurs biologiques sont nombreux et souvent impossibles à contrôler.
Même dans des conditions optimales, la PMA ne garantit pas une grossesse dès la première tentative. Vous n'êtes pas responsable d'un résultat négatif. Notre équipe médicale est disponible pour en parler, répondre à vos questions et faire le point avec vous.
Prendre le temps de digérer avant la suite
Après un résultat négatif, la tentation est parfois grande de repartir immédiatement dans un nouveau cycle. Pourtant, une pause — même courte — peut être bénéfique.
Elle permet de récupérer physiquement, de prendre le recul émotionnel nécessaire, de rediscuter du projet avec son partenaire ou un.e ami.e, de clarifier la stratégie médicale avec notre équipe médicale.
Certaines personnes ont besoin de quelques semaines, d’autres de plusieurs mois.
>Chaque rythme est légitime !
Communiquer dans le couple
Si vous vivez cette aventure en couple, la PMA peut vous mettre sous pression. Après un échec : l’un peut vouloir continuer rapidement alors que l'autre peut avoir besoin de pause. Certains vivent la douleur en silence et d'autres veulent en parler.
La communication ouverte peut vous aider :
dire ce que l’on ressent
accepter que l’autre vive la situation différemment
éviter de porter seul la responsabilité émotionnelle
Parfois, un accompagnement émitionnel peut aider à traverser cette étape.
Se protéger
Les annonces de grossesse, les repas familiaux ou les réseaux sociaux peuvent devenir douloureux après un échec. Vous avez le droit d'éviter certaines conversations et de prendre de la distance.
> En disant « Je préfère ne pas en parler pour l’instant », vous ne fuyez pas la situation, vous prenez soin de vous.
Se rappeler que l’échec n’est pas la fin du parcours
Un point important en PMA : un échec ne prédit pas forcément les suivants.
De nombreuses grossesses surviennent après plusieurs tentatives. L'équipe médicale ajuste également les protocoles au fur et à mesure du parcours. Chaque tentative apporte des informations médicales utiles sur les dosages hormonaux, la stimulation, la stratégie de transfert, les examens complémentaires à faire pour mieux comprendre la raison des échecs...
Avoir du soutien
Traverser la PMA seule est difficile, il est important de se sentir soutenue durant cette aventure si dense. Le soutien peut venir de votre partenaire, de vos amis ou proches, d'un thérapeute, de groupes de parole ou d’autres personnes ayant vécu la PMA.
Partager son expérience permet souvent de réduire les difficultés et l’isolement ressentis.
Vivez en dehors de la PMA !
Quand le parcours dure longtemps, la PMA peut prendre toute la place dans votre vie. Nous vous conseillons de préserver des espaces pour vous , de continuer à avoir des projets personnels, des activités qui vous font plaisir, des moments de partage avec vos proches. Cela aide à reconstruire de l’énergie émotionnelle.
Votre valeur ne se résume pas à votre fertilité. Le parcours de PMA est une épreuve, mais il ne définit ni votre corps, ni votre identité, ni votre avenir.



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